Vous êtes ici : 
  • Accueil
samedi 20 décembre 2014

Bifrost Valandré

Bifrost Valandré
Pour suivre le concept Immelman de veste "articulée" qui évite à la veste de remonter pendant les mouvements d'extensions de bras, Valandré a sorti un deuxième modèle, une veste plus petite", moins taillée expé (mais que Gerlinde Kaltenbrunner a testé au Denali quand même...), elle est présentée pour des températures de -15°C confort, avec ses 250g de duvet des Pyrénées 800 + et environ 780g en poids total. C'est un gabarit qui me semble intéressant pour nos Alpes, nos Pyrénées en hiver, pour les longues entreprises de face nord, et les expés plutôt "light". Deux petites saisons de tests m'ont fait adorer cette doudoune... voyez plutôt...

Les données fabricant

La Bifrost est basée sur le même design que notre Kiruna. Veste courte, capuche garnie de duvet incorporée dans le col, deux poches extérieures et deux poches intérieures. Elle est simple et belle !

Fabriquer cette veste nécessite presque une journée de travail:

12 minutes pour la coupe

360 minutes pour la confection

55 minutes pour le garnissage de duvet et pour la finition

Au total 7 heures et 7 minutes par veste.

Tissus: Extérieur: RIP STOP 100% polyamide, traité DWR, densité 50g/m2
Intérieur : RIP STOP 100% polyester, traité DWR, densité 40,8g/m2p

Duvet: Oie grise 800+ cuin (Norme UE)

Poids total: 780 g (taille M)

Poids duvet: 252 g (taille M)

Tailles: S-M-L-XL-XXL

Température confort: -15°C

Assemblée en Tunisie et emplissage des compartiments en France.

La vidéo


Le test

L'épisode Moulin Rouge

Cette veste en duvet était initialement appelée "Moulin Rouge", non pas pour faire concurrence au célèbre cabaret parisien, mais parce qu'avec ses articulations, elle permet de faire des gestes de bras dignes des plus beaux moulins du nord, et que le rouge était la couleur choisie pour elle. Pour finalement éviter la confusion avec le cabaret de la place de Clichy, Valandré a du rebaptiser sa nouvelle veste "Bifrost"...

Là, maintenant il n'y a plus de confusion possible entre une veste en duvet et les divertissements du nord de la capitale... ouf!   

 

                                                      Gerlinde Kaltenbrunner et la Bifrost

Comparée à l'Immelman, dont elle reprend la technologie, on remarque tout de suite que son son look se veut plus "urbain" et se rapproche de celui d'un blouson. Elle sera ainsi peut être plus facile à porter pour la gente féminine et les habitants des villes des Alpes du nord où le mercure descend facilement sous les -5° en journée, et qui aiment par dessus tout le confort de leur veste d'hiver.

Question efficacité, la Bifrost a montré qu'elle pouvait en revendre, si j'en juge par les exploits de Gerlinde Kaltenbrunner qui a porté - tout en élégance - le premier prototype de la Bifrost au Denali.

Cette Bifrost au look détonnant, (surtout sur Gerlinde Kaltenbrunner), concrétise beaucoup d'évolutions de la marque, zip, taille du cou, capuche... A ce titre, elle a reçu une médaille au dernier salon de Friedrichshafen.

                                  Première hivernale de la saison avec la Bifrost en dernière couche

Les tests

Je teste la Bifrost de Valandré depuis l'hiver 2013/14, soit un hiver et demi... En alpinisme hivernal dans les Alpes du sud et en ski de rando principalement. En octobre, je m'en suis également servi de vêtement de bivouac pour des abris de 2600 à 3100 m en évitant ainsi de prendre un duvet. J'ai également porté la Bifrost en station de ski lors d'une froide journée de janvier avec une simple première peau.

Thermicité et sécurité en hiver

Test à 3100m fin septembre dans un abri dans lequel j'ai dormi sans duvet. Avec la Bifrost et deux petits collants, ainsi qu'une couverture pour les jambes. Temp de 2 à 4° dans l'abri. A ce compte, l'impact thermique de la veste est largement suffisant. La coupe "blouson" est quand même à gérer pour éviter le froid sur la bas des reins.

Première hivernale (3150m) où j'effectue le parcours final avec la Bifrost, du col au sommet dans la nébia lombarde - un dense brouillard venant d’Italie -, et un vent soutenu. J'ai apprécié la bonne respirabilité du vêtement dans la montée, et son windstop sans défaut. J'ai gardé avec plaisir la doudoune jusqu'au coucher. Impeccable au bivouac à 2850m par températures négatives et avec un petit coup de barre à gérer.

Un vrai vêtement de sécurité en hivernale. J'ai testé la Bifrost dans quelques ambiances délicates: fin d'étape rattrapée par la nuit de décembre avec des températures de -10°C et du vent.

Une petite erreur d'itinéraire, une neige finalement délicate à gérer, ou un "jour blanc" qui rend tout plus difficile, et si la météo s'en mêle c'est vite le début de la galère. Je parle des ambiances où les incidents deviennent des accidents...Dans ces moments là J'ai été content d'avoir une doudoune de la qualité de la Bifrost: très compressible dans le sac, au pouvoir thermique suffisant pour vous sauver la mise dans un trou de neige, en cas de problème avéré...

 

                                                 Test hivernal à 3100m par vent soutenu

Les 252g de duvet d'oie grise de Valandré et surtout l'architecture de la veste m'ont permis d'être très à l'aise entre -5°C et -10°C, dans des abris d'altitude avec de fréquents aller/retours à l'extérieur dans la bourrasque pour remplir des gamelles de neige. Avec une simple première peau en Mérinos, voire une deuxième peau constituée par une mico-polaire, la Bifrost est un rempart thermique rassurant après des étapes pénibles.

Pour aller plus loin, vers les -15°C à l'abri, je pense que la doudoune s'adaptera relativement facilement à ces conditions très sérieuses avec une couche supplémentaire ne comprimant pas trop l'ensemble (polaire). Mais à ce stade ce seront surtout les mains, et le bas du corps qui devront être équipés. La taille blouson de la veste commencera à se faire sentir à ce niveau.

Au niveau des températures "ressenties", c'est à dire avec du vent, la Bifrost peut protéger des ambiances "mortelles" comme du -5 /-10°C avec 50/60km/h de vent. Ensuite elle peut passer sous une hardshell, où elle sera évidemment compressée. C'est pourquoi le mieux est de la garder comme dernière couche si le vent n'est pas trop fort.

Capuche: Avec sa capuche préformée et compartimentée (ce qui évite au duvet de fuir le haut du crâne et de se retrouver sur les épaules), la Bifrost offre une bonne protection de la tête. Une cagoule trouvera facilement sa place et viendra compléter la protection de la zone menton/front pour les conditions les plus difficiles. Elle forme un très bon tandem avec le haut de la veste qui prend idéalement le cou et remonte jusque sous la bouche.

Je trouve que le cordon de serrage de la capuche se sent un peu sur le front et vient rabattre la capuche sur les yeux (voir en fin de vidéo), lorsque l'on ne porte pas de lunettes. C'est pourquoi je préfère finalement ne pas trop la serrer pour éviter cette compression quitte à mettre une fine cagoule. Avec des lunettes, le cordon vient s'appuyer sur les branches, et on ne sent pas d'inconfort.

 

Confort d'utilisation

Pour moi c'est une belle réussite.

Tout d'abord les poches. Elles sont super pour se réchauffer les mains, avec une entrée en tissu feutré qui débarrasse des restes de poudreuse avant d'entrer dans le "tunnel" réparateur. Elles ne sont pas très dimensionnées mais cela suffit pour mes grandes mains. RAS au niveau des zips.

Le zip central est facile à manipuler (quand on ne sert pas trop le bas de la veste) avec des gros gants. Il ne s'est jamais coincé en 2 saisons d'utilisation.

Un réglage /serrage du bas de la doudoune par une bande élastique large: c'est plus stable et mois cisaillant que des cordons.

Les tissus sont très agréables autant celui de l'intérieur, qui glisse bien sur des habits même un peu humides, et celui de l'extérieur avec son traitement DWR.

Deux poches intérieures, au format portefeuille, sont à mon avis intéressantes pour les parcours urbains, mais elles n'ont pas de velcros de verrouillage. En outdoor, j'aime ne rien sentir dans la doudoune.

Les poignets n'ont pas de manchons à proprement parler mais c'est l'isolant du début de la manche qui remplit cet office.

L'articulation qui permet de lever les bras sans que le vêtement remonte et vous découvre le bas des reins n'est pas seulement utile en escalade. C'est aussi un élément important du confort thermique dans un abri. Le vêtement ne bouge pas quelques soient les gestes que l'on fait. Ce n'est pas rien lorsque l'on est allongé dans un abri de fortune et que l'on doit faire la popote...

Et je n'oublie pas le superbe gonflant du duvet d'oie grise qui fait de cette veste un bijou de confort, et facile à compresser en fond de sac à dos.

Une vaste plage d'utilisation: des trottoirs de Grenoble aux expéditions légères en passant par les hivernales et les faces nord des Alpes (et je n'oublie pas les Pyrénées chères à mon cœur)

 

Prix constaté en dec 2014: 400/450€

 

Bilan: pour moi une veste magnifique, très agréable à utiliser, performante et technique. Peut être un peu plus destinée à ceux qui veulent aussi la porter en ville (sans frimer hein;-). Le prix, évidemment élevé, me semble à la hauteur de la réalisation, sans être dans la fourchette haute du marché (données dec 2014).

Les qualités

- Qualités thermiques qui en font un vêtement de sécurité pour le ski de rando et l'alpinisme hivernal.
- Superbe finition et confort d'utilisation.
- Une veste assez solide pour être portée en dernière couche pour des ascensions "faciles".
- Taille courte pour ceux qui aiment l'utiliser aussi en ville l'hiver, où elle se révèlera élégante. (Couvre moins le bas des reins pour les autres...)

à améliorer

- Le reproche que pourront faire les alpinistes exigeants est cette taille un peu "blouson", qui lui enlève un chouilla de protection comparé aux vestes pures et dures.

à visiter

Voir également: Nupse jacket